Marche du 23 Mai

3 mai 2018
CD - Communication

Nous voici au seuil de ces commémorations que nos engagements et notre détermination ont su transformer en rendez-vous incontournables pour nos communautés. Ils ne viennent pas de nulle part. Ils correspondent à une force en nous qui dit avec fierté et gravité « honneur et respect » à nos ancêtres. Qu’ils aient péri en captivité ou qu’ils aient embrassé une liberté si chèrement conquise. Ils ont réussi à ne pas douter que « l’homme put ne pas être homme ». Ils se sont opposés si fort qu’ils ont vaincu. Cela semble si évident, si naturel. Et pourtant quel chemin leur a t-il fallu parcourir.

Ils ont du passer outre les douleur, repousser les limites de la peur, réinventer l’espoir et le sentiment d’appartenance à l’histoire commune. A travers l’expérience française, puisque français nous sommes, c’est à l’humanité que nous nous adressons en criant « Lymiè ba yo », et ce faisant libérons nos ancêtres du déni suprême, la non reconnaissance ! Leur feu intérieur nous illumine encore. Il fait jour à notre mission car nous avons à célébrer la reconquête, l’humanité retrouvée et affirmée aux yeux de tous.

« Et tenir chaque pas gagné ! » disait Aimé Césaire. C’est de cela dont il s’agit. Notre position est nécessaire car ce faisant nous participons à l’ouverture de la conscience des hommes. Notre histoire n’est plus tronquée, enfermée dans l’ignorance et la honte du vaincu. Notre histoire est glorieuse car nous la voulons « ainsi », digne, rattachée à la grande histoire, celle de l’humanité…

Alors marchons ensemble le 23 mai! Célébrons les sacrifiés qui ont fait don de leur calvaire pour qu’aujourd’hui nous soyons libres. Célébrons les vainqueurs, car ils montrent la voix du possible, de l’engagement total, la force de l’espoir, célébrons les survivants, nous femmes et hommes que nous sommes, confinés dans une histoire à laquelle nous redonnons aujourd’hui toute sa grandeur.

 

Oui marchons ensemble le 23 mai, marchons ensemble au delà de nos particularités et de nos

disparités, commémorons les victimes de l’esclavages, marchons unis ce 23 mai 2018 comme nous le fîmes le 23 mai 1998 « Lymiè ba yo » et gardons à l’esprit ces dates anniversaires comme nous y invite la loi, commémorons ces dates célébrées à Mayotte, en Martinique, en Guadeloupe, à Saint Martin, en Guyane, à Saint Barthélémy et à la Réunion, sur les lieux même de l’histoire coloniale. Et marchons avec nos enfants, nos parents, nos amis ; faisons de ce 23 mai l’expression de la dignité reconquise. Voilà pourquoi nous sommes les premiers défenseurs de notre histoire et que nous en faisons une histoire partagée pour tous. Nous rendons aussi hommage à celles et ceux qui ont oeuvré pour l’acceptation par l’état de réconcilier sur ces sujets « histoire et vérité », jusqu’à ce que la loi s’empare de ces dates et les sanctifient. Chaque pensée fut utile et chaque pas nécessaire pour que de débat naisse la lumière. C’est « unis » que nous sommes forts.

Alors tous à la Marche du 23 Mai !

Et « Lymiè ba yo ».

 
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